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Et si, à la rentrée, nous donnions aussi des cours d’empathie envers les personnes âgées ?

En ce 1er septembre, les enfants reprennent le chemin de l’école. Ils vont apprendre à lire, à compter, à écrire, à comprendre l’histoire, les sciences et le monde qui les entoure.
En ce 1er septembre, les enfants reprennent le chemin de l’école. Ils vont apprendre à lire, à compter, à écrire, à comprendre l’histoire, les sciences et le monde qui les entoure.

Mais une question mérite peut-être d’être posée : pourquoi ne pas leur apprendre également à comprendre le vieillissement ?


Notre population vieillit. Les enfants seront donc de plus en plus amenés à côtoyer des personnes âgées : leurs grands-parents, leurs voisins, des personnes rencontrées dans les transports ou, plus tard, dans leur vie professionnelle.

Pourtant, le vieillissement reste encore trop souvent associé à des clichés : lenteur, dépendance, fragilité, maladie ou perte de mémoire. Ces représentations peuvent créer de la peur, de l’incompréhension et parfois même de l’indifférence.


Apprendre à comprendre plutôt qu’à juger


Un enfant peut s’agacer lorsqu’une personne âgée met plus de temps à avancer, à payer ses courses ou à répondre à une question. Mais sait-il réellement pourquoi ?


Comprend-il que certains gestes deviennent plus difficiles avec l’âge ? Que l’audition ou la vue peuvent diminuer ? Que la fatigue peut être plus importante ? Que les troubles cognitifs peuvent modifier la façon de parler, de réagir ou de se comporter ?


Un « cours d’empathie » ne consisterait pas à faire peur aux enfants ni à leur présenter le vieillissement uniquement sous l’angle de la dépendance.


Il permettrait simplement de leur apprendre à :


  • respecter le rythme d’une personne âgée

  • proposer leur aide sans l’imposer

  • parler clairement sans infantiliser

  • comprendre certaines difficultés liées à l’âge

  • reconnaître la richesse de l’expérience et du parcours de vie

  • créer du lien avec une génération différente de la leur.


L’empathie s’apprend dès l’enfance


L’empathie n’est pas seulement une qualité naturelle. Elle se développe grâce aux échanges, aux expériences et à l’éducation.


Les écoles pourraient, par exemple, organiser des rencontres avec des personnes âgées, des lectures en résidence autonomie, des ateliers autour des souvenirs, des jeux intergénérationnels ou des échanges sur les métiers de l’aide à domicile.


Les enfants pourraient aussi être sensibilisés, avec des mots simples, à la perte d’autonomie, au handicap, à la maladie d’Alzheimer ou encore à l’isolement social.

L’objectif ne serait pas de les transformer en professionnels de l’accompagnement, mais de leur donner des clés pour mieux comprendre les autres.


Changer aussi notre regard sur les métiers du domicile


Sensibiliser les enfants au vieillissement permettrait également de mieux faire connaître les métiers du service à la personne.


Les aides à domicile ne font pas « seulement du ménage ». Elles rassurent, observent, accompagnent, préviennent certains risques et contribuent au maintien du lien social. Elles permettent à de nombreuses personnes âgées de continuer à vivre chez elles dans les meilleures conditions possibles.


Parler de ces métiers dès l’école contribuerait à mieux reconnaître leur utilité et leur dimension profondément humaine.


Préparer une société plus bienveillante


Les enfants d’aujourd’hui seront les professionnels, les aidants, les voisins et les décideurs de demain.


Leur apprendre à comprendre le vieillissement, c’est préparer une société dans laquelle les personnes âgées ne seront ni invisibles, ni infantilisées, ni considérées uniquement comme dépendantes.


C’est aussi leur transmettre une idée essentielle : vieillir fait partie de la vie et la dignité d’une personne ne diminue jamais avec son autonomie.


Alors, en cette rentrée, pourquoi ne pas ajouter aux apprentissages traditionnels quelques leçons d’écoute, de patience et d’empathie ?


Parce qu’apprendre à prendre soin des autres, c’est aussi apprendre à construire le monde dans lequel nous aimerions tous vieillir.



 
 
 

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